Lectures :
1 S 16, 1-13
Ps 22
Ep 5, 8-14
Jn 9, 1-41
L’Evangile d’aujourd’hui nous présente
la rencontre de Jésus avec un aveugle de naissance.
Et Jésus le guérit. En le libérant
de cette cécité, le Christ va s’attirer
les critiques des pharisiens qui ne comprennent pas qu’un
tel acte puisse être commis un jour de sabbat. De
plus, ils convoquent les parents et l’aveugle guéri
pour vérifier s’il ne s’agit pas d’un
canular répondu par les disciples de Jésus.
Mais ce qui est le plus caractéristique dans ce
dialogue insolite entre l’ancien aveugle et les pharisiens,
c’est que c’est lui qui va leur révéler
la vérité sur le Christ. On peut se demander
si ce ne sont pas les pharisiens eux-mêmes qui sont
devenus aveugles. Il n’y a pas que des cécités
physiques. Il y a des cécités spirituelles
qui aveuglent le cœur au point de nous rendre insensibles
à la présence de Dieu en chaque personne.
Voici quelques années, un livre s’intitulait
« Comme s’il voyait l’invisible ».
Quel est notre regard ? Et quelles sont les réalités
que nos yeux peuvent découvrir ?
Je crois que l’Evangile vient ouvrir nos yeux sur
des réalités que les yeux de chair ne peuvent
pas percevoir. Elles sont souvent de l’ordre de l’invisible,
de cet au-delà de nos yeux qui atteint le cœur
des choses et la vérité des personnes. Voir
avec le regard du Christ, c’est découvrir un
horizon où l’absolu de l’amour se révèle
comme le cap de notre vie. Voir avec les lunettes de l’Evangile,
c’est découvrir qu’au-delà des
nuages, il y a le soleil et qu’au-delà de la
mort, il y a la résurrection. Mystère pascal
de notre foi qui permet à tous les aveugles de découvrir
enfin la vie avec les couleurs de la Bonne Nouvelle du Christ.
L’aveugle guéri par le Christ nous indique
le chemin de toute vie nouvelle.
Un proverbe oriental dit que lorsque le doigt montre la
lune, l’imbécile regarde le doigt. A nous de
choisir vers où porter notre regard.